L'histoire de Keroman


1927 : Naissance du port de pêche de Lorient-Keroman

La pêche avant Keroman

Fin XIXème-début XXème, les bateaux de pêche de Lorient accostent dans le bassin à flot et l’avant-port, tout comme les navires de commerce  et de transports de voyageurs. On compte de nombreux sardiniers (petits voiliers), qui pêchent de mai à octobre, et font sécher les filets de sardine dans leur mature.

 

En 1889, une criée aux poissons est créée à l’endroit où se trouve aujourd’hui le bâtiment de la Thalassa, Quai de Rohan. Au XXème siècle, les chalutiers à vapeur, à grande cheminée, se substituent aux voiliers. Ils vont pêcher jusqu’au Maroc, à des profondeurs de plusieurs centaines de mètres. Mais de retour à Lorient, ils prennent trop de place…

 

Un coût de 320 millions de francs

© Archives municipales de la Ville de Lorient

Une enquête d’utilité publique lance l’idée de construire un nouveau port de pêche. Le maire de Lorient Louis Nail (maire de 1904 à 1912) confie le projet à Henry Verrière, ingénieur des ponts et chaussées. Ce dernier choisit Keroman comme lieu d’implantation. Coût total : 320 millions de francs, dont 60 millions de francs versés par l’État. Critiqué car très coûteux, le projet est défendu à la Chambre des députés par Alphonse Rio, élu du Morbihan, puis sous-secrétaire d’État à la Marine marchande.

 

Un frigorifique est mis en service en 1921 pour la fabrication de pains de glace qui étaient concassés et livrés à bord des bateaux. À l’époque, le casino Laperrière perd sa vue sur la rade, et devient moins attrayant... Les Lorientais qui avaient pris l’habitude de se baigner à proximité, aux « Bains Bois », se déplacent à présent jusqu’à Larmor-Plage.

 

15 810 tonnes en 1928 ; 28 455 tonnes en 1939

© Archives municipales de la Ville de Lorient

Tout beau, tout neuf, le port de pêche de Lorient-Keroman est inauguré le 17 juillet 1927, en présence de Fernand Bouisson, président de la Chambre des députés, et André Tardieu, ministre des travaux publics. Le slipway (plan incliné permettant de mettre les bateaux à l’eau) est mis en service en 1932. Le charbon est entreposé sur le môle sud-est, qu’on appelle encore aujourd’hui « quai à charbon » et qui a été rebaptisé en 2015 "quai Michel Tonerre", en hommage au célèbre chanteur lorientais.

 

L’équipement est très novateur pour l’époque, et dope l’activité des pêcheurs. Lorient devient le premier port de pêche de la façade atlantique. La production débarquée passe de 15810 tonnes en 1928, à plus de 28 455 tonnes en 1939. Les équipages montent de 1460 à 1997 hommes. Quais, halle au poisson, magasins à marée, voie ferrée… Tout est pensé pour faciliter la vie des acteurs du port. 60 maisons de mareyage s’y implantent, ainsi que des ateliers de transformation, des conserveries, des entreprises de construction navale et de maintenance.

Sources bibliographiques :

  • Archives municipales de la Ville de Lorient
  • Leclère André et Lucette, Collection « Les Cartes postales anciennes nous parlent de Lorient »
    (9 volumes), Art Média, 1991 à 2007, Liv’Editions, Lorient
  • Lukas Yann, « Lorient, histoire d’une ville », Editions Palantines, Quimper, 1997
  • Fléjéo Roland, article « Port de pêche de Lorient-Keroman » paru dans « Le Télégramme »
  • Source icônographique :  Archives municipales de la Ville de Lorient