3 000 emplois dans la filière pêche
100 000 tonnes de poissons par an sont transformées sur notre territoire. Car si Lorient est le second port de pêche en France, il est aussi un pôle halieutique dynamique avec 270 entreprises.
A quelques encablures du port, la visite de la société Halieutis réserve une surprise au néophyte. Malgré les 8 000 tonnes de produits commercialisés chaque année, cette entreprise de transformation n’achète aucun poisson sur le port de Lorient (lire également encadré Lulu le Merlu). « Notre métier d’industriel de la pêche s’est mondialisé, explique son président Pierric Bouleau. Pour fabriquer nos produits et travailler 7 jours sur 7, il nous faut une ressource régulière et largement disponible ». Halieutis s’approvisionne donc sur tous les continents en filets que ses deux lignes de production transforment en produits surgelés cuits, natures, meuniers, enrobés... Ces produits sont ensuite directement vendus à la grande distribution ou à la restauration collective. Autre ressource de la mer importée des mers lointaines, chaudes, et industrialisée à Lorient: la crevette cuite. Capitaine Houat en vend 6 000 tonnes par an. La filière pêche est donc très diversifiée. Le port ne vit pas que du poisson livré sur les quais de Keroman. Pour 1 tonne débarquée à Lorient, 5 tonnes y sont transformées. A elles seules, Halieutis et Capitaine Houat emploient 340 personnes. Cette dernière a même le projet de doubler sa capacité de production sur une parcelle jouxtant son site actuel. « Même sur les 20 000 tonnes vendues à la criée de Lorient, une grande partie arrive par camions en provenance d’autres ports bretons ou normands, souligne le directeur de la Compagnie d’exploitation du port (CEP), Yves Guirriec. Certains armements choisissent d’amener leur pêche ici, car ils savent que le poisson sera vendu plus cher. Pour acheter des filets, par exemple, la grande distribution va d’abord s’adresser à Lorient car il y a un vrai savoir-faire ».
Une image de marque nationale
Exemple de ce coup de main local : Capitaine Houat. Filiale du groupement Intermarché, cette société présente sur le port depuis deux décennies est d’abord un spécialiste du filet. Dans ses ateliers, on manie de l’ultra-frais, acheté à la criée de Lorient et vendu sur les étals 24 ou 48 heures plus tard. « C’est une course contre la montre, souligne son directeur Thierry Barbier. Le poisson est vite débarqué, vite transformé, vite transporté. On sait ce qui va arriver grâce aux traits de chalut et on optimise les flux en conséquence ». « On vend de plus de produits prêt à cuire, des filets, et dans ce domaine, Lorient a une très bonne image de marque au niveau national ». « Lorient est de par sa géographie une place forte car le port est alimenté de manière régulière, confime Yves Guirriec. Il y a 120 bateaux qui fréquentent régulièrement le port. Nous voulons convaincre d’autres armements que c’est la meilleure place pour valoriser leur poisson ». Le port possède également un puissant élévateur à bateaux qui permet de fidéliser les entreprises de réparation navale sur l’anneau de Keroman. Et pas seulement pour les bateaux de pêche puisque les bateaux de plaisance représentent 40% de l’activité.


