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mercredi 27 janvier 2021

ENQUÊTE SUR LES FILETS DU FUTUR

Les marins seraient-ils prêts à utiliser des filets de pêche biodégradables en mer ? Et si tel était le cas, dans quelles conditions ? Dans le cadre du projet de recherche INdIGO, piloté par l’Université de Bretagne Sud (UBS), une grande enquête vient d’être lancée auprès des professionnels de la mer afin de mieux cerner leurs attentes. Et pouvoir ainsi développer des engins de pêche plus respectueux de l’environnement.




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« Est-ce important pour vous de contribuer à une pêche qui préserve l’environnement marin ? ». « Si on vous garantit qu’un engin de pêche biodégradable est  aussi pêchant que votre engin de pêche actuel seriez-vous prêt à l’utiliser ?». « Trouvez-vous pénible de toujours devoir faire des efforts pour réduire l’impact de votre activité sur l’environnement ?». Voilà quelques unes des questions posées par l’enquête du projet européen INdiGO. Lancé fin 2019 et piloté par l’Université de Bretagne Sud (UBS), le programme de recherche a pour objectif de « réduire la pollution plastique générée par les activités liées à la pêche et à l’aquaculture ». Pour y parvenir, plusieurs pistes sont envisagées, dont la fabrication de filets biodégradables. C’est pour mieux cerner les craintes et les attentes des professionnels sur le sujet qu’un questionnaire a été élaboré et mis en ligne* en décembre dernier. « On espère recueillir l’avis d’une centaine de pêcheurs sur toute la Bretagne », indique Claire Allanos, chargée de projet à l’UBS. L’enquête est également menée dans les Hauts de France, en Normandie et dans le sud de l’Angleterre.

Recette tenue secrète

En fonction des retours exprimés par les marins pêcheurs, les chercheurs établiront un cahier des charges en vu de fabriquer, d’ici la fin de l’année, un premier prototype d’engin de pêche biodégradable. Le choix devrait alors se porter sur un filet trémail utilisé pour la sole. « Le prototype sera ensuite testé en grandeur nature par quelques pêcheurs et dans le laboratoire d’Ifremer à Lorient », précise Claire Allanos. « Cela permettra de mieux comprendre le comportement du filet, d’en savoir plus sur la toxicité des produits biodégradés, et de déterminer plus précisément la durée de vie que l’on souhaite avoir ». Celle-ci ne devrait pas excéder 2 ou 3 ans. « On sait qu’en pratique les pêcheurs changent leurs filets assez rapidement », poursuit la chargée de projet. Reste à connaître les matières qui seront utilisées pour réaliser ces engins de pêche du futur. Sur ce point : motus. La recette est pour l’instant tenue secrète. Il faut dire que d’autres projets de recherche sont en cours sur le sujet. Avec pour tous un seul et même objectif : inventer des engins de pêche qui soient aussi performants que ceux utilisés actuellement. Sans quoi, les marins continueront à pêcher comme leurs ainés.

* Lien pour participer à l’enquête : http://indigo-interregproject.eu/enquete/