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mercredi 26 juin 2019

DES PÊCHEURS MARTINIQUAIS ACCUEILLIS À LORIENT KEROMAN

Réunis au sein d’un tout nouveau collectif, une douzaine de pêcheurs martiniquais ont embarqué mi juin sur plusieurs bateaux lorientais. Objectif de la visite ? Nouer des liens, découvrir de nouvelles techniques de pêche et réfléchir à la modernisation de leur flottille.




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Ils ont traversé l’océan Atlantique par les airs pour venir rencontrer leurs collègues bretons. Beaucoup n’avaient jamais mis les pieds en métropole. Mi juin, une douzaine de marins pêcheurs martiniquais ont été accueillis sur le port de Lorient Keroman avant d’embarquer au petit matin à bord de plusieurs caseyeurs-fileyeurs : La Capricieuse, l’Izel Vor II, Les Océanes et Le Guevelezed. Objectif : effectuer une marée au large de Groix et découvrir les techniques de pêche utilisées de ce côté-ci de l’Atlantique. « L’accueil des marins a été super sympa. Au delà de ce qu’on imaginait », confie Ariane Rautureau, assistante projet au sein du bureau d’étude Odyssée Développement (filiale du Groupe ELCIMAÏ) qui accompagne depuis plusieurs mois ces marins martiniquais dans leur projet de développement. « La Martinique compte aujourd’hui 850 pêcheurs professionnels qui travaillent dans des conditions très rudimentaires, souvent pieds nus, en t-shirt, et avec très peu d’équipement », explique Arianne Rautureau. Depuis 2009, la profession est également impactée par la pollution au chlordécone (un insecticide cancérigène longtemps utilisé dans les plantations de banane) qui a obligé les autorités locales à interdire la pêche sur plusieurs zones du littoral.

Construction de 10 à 20 bateaux

Réunis au sein d’un collectif créé en début d’année (le COPEM), les pêcheurs martiniquais espèrent aujourd’hui pouvoir moderniser leur flottille pour élargir leurs zones de pêche en tenant compte des enjeux de durabilité et d’impact de leurs activités sur le milieu. Et c’est bien là tout l’enjeu du voyage d’étude effectué mi juin à Lorient Keroman, mais aussi dans d’autres ports de la Manche et de l’Atlantique : Saint-Malo, Brest, La Rochelle et Oléron. Accompagné dans leur périple métropolitain par un architecte naval, le collectif a pu rencontrer de nombreux professionnels de la filière et commencer à réfléchir à la construction d’un nouveau navire adapté à leurs besoins. « L’idée serait de faire fabriquer un premier prototype, puis de le décliner sur une série de 10 à 20 bateaux », précise Ariane Rautureau. Le prototype en question, d’une longueur de 10 à 12 mètres, pourrait être construit en Martinique dès 2020. Reste à trouver les financements pour cela. En attendant, les pêcheurs martiniquais sont repartis vers leur île lointaine en laissant derrière eux quelques invitations. Désormais, ce sont les pêcheurs lorientais qui sont attendus de l’autre bout de l’Atlantique.