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jeudi 04 novembre 2021

A LORIENT KEROMAN LE POULPE BAT TOUS LES RECORDS

Des prix rarement atteints, mais surtout des volumes qui ont littéralement explosé : sur le port de Lorient Keroman, le poulpe n’en finit plus de battre tous les records. Une aubaine pour certains pêcheurs. Qui s’inquiètent néanmoins des répercussions qu’un tel phénomène pourrait avoir sur les autres espèces.




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Tout simplement du jamais vu. Au port de pêche de Lorient Keroman, personne ne se souvient avoir eu connaissance de telles quantités de poulpes débarqués le long des quais. Les chiffres parlent effectivement d’eux-mêmes. « Depuis le début de l’année, on est à 174 tonnes, alors qu’à la même date l’an passé, on était à 11 tonnes », indique Yonel Madec, responsable halieutique de la Sem Lorient Keroman, entreprise gestionnaire du port.

 

Sur une année normale, les volumes de poulpes vendus sous la criée lorientaise tournent autour de 15 tonnes. En 2021, ils devraient donc être multipliés par 12 ou 13 ! « Je n’ai jamais connu ça depuis que je navigue », confirme Éric Guygniec, patron de l’APAK (Armement de la Pêche Artisanale de Keroman).

Direction l’Espagne

La bonne nouvelle pour les pêcheurs, c’est que malgré l’explosion des volumes de capture, la demande est là. Et les prix plutôt bons. « Le prix moyen se situe autour de 6,40€ avec des prix qui dépassent régulièrement les 7€ », précise Yonel Madec. Peu connus des consommateurs bretons, la quasi-totalité des poulpes partent vers l’Espagne, où l’espèce se fait rare cette année. Une aubaine pour les quelques professionnels lorientais qui ont décidé de cibler le céphalopode, parmi lesquels plusieurs équipages de l’APAK, du Komz Me Rer ou de la Capricieuse.

 

 « D’un côté, c’est une bonne chose, il y a un marché, le poulpe se vend bien. Mais de l’autre, il risque d’y avoir des répercussions importantes. On sait que lorsqu’une espèce prend le dessus sur les autres, cela peut avoir des conséquences dramatiques », s’inquiète Eric Guygniec.

 

Connu pour sa voracité, particulièrement friand de coquillages et de crustacés, le poulpe aurait déjà fait pas mal de dégâts, notamment sur les coquilles Saint-Jacques, le homard ou le tourteau. D’après plusieurs observations, les bancs de Quiberon, de Groix et jusqu’aux Glénans seraient particulièrement touchés. Avec les conséquences qu’on imagine pour les professionnels à quelques semaines des fêtes de fin d’année.