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mercredi 27 février 2019

ET SI L’ON PÊCHAIT LA LANGOUSTINE AVEC DES GRILLES ?

Engagée depuis une vingtaine d’années dans l’amélioration de la sélectivité des engins de pêche, l’Aglia mène actuellement un nouveau programme de recherche baptisé Optisel. Il pourrait permettre, à terme, de généraliser l’utilisation de grilles pour capturer la langoustine.




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Crédit : IFREMER

Crédit : IFREMER

Aider les petites langoustines à se faire la malle au fond de la mer plutôt que de les remonter à la surface. Voici sur quoi travaille l’Aglia (Association du Grand Littoral Atlantique) depuis déjà de nombreuses années. Après avoir piloté le projet Redresse de 2014 à 2016 et le projet Grilletine en 2017, l’association s’est lancée en 2018 dans un nouveau programme baptisé Optisel pour « optimisation de la sélectivité ». Financé par l’Europe à travers le Feamp et par France Filière Pêche, le projet, dont le budget atteint presque 600 000€, vise à fiabiliser et à optimiser les grilles à langoustines conçues par Ifremer et testées en bassin à Lorient. « L’objectif principal est de développer l’utilisation de ces grilles et de faire en sorte que les pêcheurs se les approprient », indique Quiterie Sourget, chargée de mission à l’Aglia. Depuis 2008, la législation européenne impose aux pêcheurs de langoustines de s’équiper d’un dispositif de sélectivité parmi trois choix possibles : un cul de chalut de 80mm au lieu de 70mm, des mailles carrées, ou une grille à langoustines. Dans les faits, la très grande majorité des professionnels ont opté pour la première solution, délaissant totalement la dernière. Pourtant, la grille à langoustines pourrait s’avérer très efficace pour améliorer la sélectivité de cette pêcherie.

Moins de tri  pour plus de qualité

Dans le cadre du programme Optisel, trois modèles de grilles ont donc été testés sur plusieurs bateaux de pêche volontaires, dont l’Hebeilan 2, basé à Lorient. Des essais grandeur nature qui ont permis d’éliminer deux modèles pour n’en garder qu’un seul jugé plus facile à monter et plus efficace, notamment en termes de rendement commercial. Encore que, sur ce dernier point, des ajustements ont été nécessaires pour améliorer la productivité de la grille retenue. Résultat des courses : cette dernière permettrait de réduire de près de 20% les rejets (autrement dit les petites langoustines remontées du fond et non commercialisables) en augmentant légèrement les volumes de débarquements. Prudence cependant, car les tests ont été réalisés lors de marées à faibles rendements. « Les résultats ne sont pas très robustes. Il faudra les vérifier. Mais cela donne tout de même une idée », observe Quiterie Sourget. La prochaine étape consistera à équiper une dizaine de bateaux pour valider définitivement l’efficacité de ces grilles à langoustines. Monté par les Docks de Keroman, le matériel sera mis à disposition gratuitement des navires volontaires qui seront alors indemnisés et devront accueillir une semaine par mois un observateur à bord. Plusieurs bateaux lorientais se sont déjà porté candidat pour participer à l’expérimentation. A terme, l’Aglia espère pouvoir démontrer aux professionnels qu’en utilisant une grille à langoustines ils préservent non seulement la ressource, mais ils diminuent également le temps de tri sur le pont, et améliorent ainsi la qualité du produit. En clair, du « gagnant-gagnant », aussi bien pour les pêcheurs que pour les consommateurs.