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mercredi 24 mars 2021

NÉGOCIATIONS POST-BREXIT : « PÊCHEURS DE BRETAGNE » FAIT LE POINT

Retardée à cause des négociations post Brexit, la dernière lettre d'information de l'organisation de producteurs « Les Pêcheurs de Bretagne » revient sur la situation que connait actuellement la filière suite à la sortie de la Grande Bretagne de l'Union Européenne. Elle évoque également les grands défis qui s'annoncent. A commencer par la réforme de la Politique Commune des Pêches.




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« La signature de l’accord sur le Brexit devait nous permettre d’y voir plus clair, de dégager des perspectives et de nous offrir l’opportunité de travailler sereinement sur les possibilités de pêche 2021. Malheureusement, tout ne sera pas aussi simple dans un contexte inédit de négociations où les ministres européens ne sont plus les seuls maitres à bord ». Ainsi commence la dernière lettre d'information de l'organisation de producteurs « Les Pêcheurs de Bretagne » qui regroupe 700 navires et 3000 marins.


Un édito signé de sa présidente, Soazig Palmer-Le Gall, visiblement plutôt inquiète quant à la situation que connait actuellement la filière, trois mois après la signature dudit accord avec la Grande Bretagne.


« Pas facile d'autant que la crise sanitaire continue de tout chambouler », poursuit-elle. Avant de conclure sur une note un peu plus optimiste : « La situation devrait néanmoins se décanter dans les prochains mois et lever un grand nombre d’incertitudes ».

Négociations en cours sur les TAC 2021

Du fait d’un accord sur le Brexit conclu tardivement entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, les TAC et quotas 2021 n’ont pas tous pu être fixés lors du traditionnel conseil des ministres de décembre. Si un accord a bien été signé sur les stocks non partagés avec la Grande Bretagne, reste à définir celui qui concerne justement les stocks partagés.


Dans une interview, Eric Banel, nouveau directeur des pêches maritimes et de l'aquaculture, revient sur les négociations en cours. « Le système a totalement changé, explique-t-il. Les quotas portant sur les stocks partagés avec le Royaume-Uni ne seront plus fixés par le conseil. Ils feront désormais l'objet d'une négociation bilatérale entre deux entités souveraines, la Commission et le Royaume-Uni, à l'image de ce qui se passe déjà pour la Norvège ».


Dans l'état actuel des négociations, la France s'est fixée 3 priorités : « Nous voulons que les États soient étroitement associés par la Commission à la négociation. La deuxième, c'est la défense de nos stocks à enjeux (églefin, cabillaud, merlan, raie brunette, dorade rose, etc.). La troisième priorité, c'est le maintien de règles du jeu équitables entre l'Union européenne et le Royaume-Uni ».


En attendant qu'un accord soit conclu sur les TAC et quotas 2021, aucune date n'étant annoncée pour l'instant, l'année en cours devrait voir arriver de nouveaux défis pour la filière. A commencer par la réforme de la politique Commune des Pêches et la refonte de son principale outil financier, le Feamp (Fonds européens pour les affaires maritimes et la pêche). Confiant dans l'avenir, Eric Banel y voit « une opportunité réelle de construire une pêche plus durable, plus sûre et plus sociale ». Suite au prochain épisode.