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mercredi 26 février 2020

CHERCHEURS ET INDUSTRIELS VEULENT INVENTER LE FILET BIO

Et si demain les engins de pêche utilisés par les marins lorientais étaient biodégradables ? C’est en tout cas l’objectif d’un programme de recherche ambitieux, piloté par l’Université de Bretagne Sud, qui vise à réduire la pollution plastique générée par la pêche.




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On l’appelle la « pêche fantôme ». Des captures involontaires et inutiles effectuées par des engins de pêche dérivants entre deux eaux ou accrochés au fond : palangres, filets, casiers… Ces déchets plastiques, dont la durée de vie est estimée à plusieurs centaines d’années, viennent s’ajouter à la masse de pollution déjà présente dans les océans. Combien exactement ? Selon une étude de la revue Science parue en 2015, entre 5 et 13 millions de tonnes de matières plastiques finiraient chaque année à la mer. Si la très grande majorité de ces déchets est d’origine terrestre, les pêcheurs se montrent de plus en plus sensibles à cette question. Et veulent aujourd’hui montrer l’exemple. Pour faire face à ce phénomène et tenter d’en réduire les impacts, l’Université de Bretagne Sud (UBS) a donc monté un projet impliquant plusieurs institutions de recherche publiques et des industriels venus de France et d’Angleterre*.

Vers une cartographie des déchets

Baptisé INdIGO (pour INnovative fishing Gear for Ocean), le programme de recherche a pour objectif de « réduire la pollution plastique générée par les activités liées à la pêche et à l’aquaculture ». Pour y parvenir, plusieurs pistes sont envisagées. « La première solution est de réussir à développer des engins de pêche biodégradables qui seront validés, puis utilisés par les professionnels », explique Claire Allanos, chargée de projet à l’UBS. Pour améliorer la prévention et la gestion des déchets, des guides de bonnes pratiques pourraient être également réalisés à destination des marins et des ports de pêche. Partenaire du projet, Ifremer planche de son côté à la réalisation d’une application pour smartphone qui permettra à chacun de signaler des déchets plastiques en mer ou sur la côte. Avec pour objectif de pouvoir établir une cartographie précise des pollutions ainsi repérées. Financé par l’Europe à hauteur de 2,9 millions d’euros, sur un budget total de 4,2 millions d’euros, le programme doit durer trois ans pour s’achever en juin 2023 sur des solutions concrètes. C’est en tout cas l’ambition annoncée. D’ici là, il aura déjà eu le mérite de faire collaborer Français et Britanniques sur un projet commun.

* Partenaires publics : Université de Bretagne Sud, Plymouth et Portsmouth, IFREMER, CEFAS et SMEL

Partenaires privés : NaturePlast, Filt, IRMA et Marine South East