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vendredi 08 février 2019

SEABIRD INVENTE LE « FILET BIO »

Fondée à Lorient en 2011, l’entreprise Seabird vient de remporter un appel d’offre pour fabriquer des filets de pêche à partir de matériaux biosourcés (tige de maïs, bagasse de canne à sucre, déchets végétaux…). Reste désormais à prouver leur solidité. Et leur efficacité.




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4 siècles. C’est en gros le temps qu’il faut pour faire disparaître un filet de pêche en nylon laissé à l’abandon au fond de l’océan. 400 ans au mieux ! Car d’autres estimations parlent d’un millier d’années pour pouvoir réduire à néant la même masse de plastique. Fondé à Lorient en 2011 par Marie Chauvel, et spécialisé dans les bioplastiques, le cabinet d’étude Seabird a donc décidé de s’attaquer au problème. Sa solution ? Fabriquer des filets de pêche à base de matériaux d'origine végétale afin d’accélérer fortement leur biodégradation. Imaginerait-on un pêcheur mettre à l’eau des filets trémails réalisés à partir de tige de maïs ou de cannes à sucre ? C’est pourtant ce que s’apprête à faire l’entreprise lorientaise aujourd’hui domiciliée à Larmor Plage où elle s’est équipée d’un atelier de production de résines bioplastiques. Après avoir mis au point un mono filament fabriqué à partir de ces résines, Seabird vient de remporter un appel d’offre lancé par les aires marines protégées de la côte d’Opale. D’ici quelques semaines, ses « filets bio » seront testés grandeur nature par des pêcheurs de Boulogne sur Mer.

Biodégradable en 40 ans

« Le cahier des charges est exactement le même que pour la fabrication de filets traditionnels. Ce qui change, c’est simplement la matière », indique Marie Chauvel. Une fois le nylon remplacé par les résines bioplastiques, les filets trémails biosourcés devront donc faire la preuve de leur solidité. Mais aussi prouver qu’ils sont tout aussi efficaces que des filets traditionnels pour capturer du poisson. « L’enjeu est de pouvoir continuer à pêcher tout en réduisant fortement les déchets plastiques qui polluent les océans sur des temps très longs », poursuit la présidente de Seabird. Testé depuis plus d’un an dans le port de Kernevel, le mono filament bioplastique de section 0,22 mm mis au point par le cabinet d’étude semble avoir déjà fait ses preuves. « On a observé qu’il commençait à perdre de la masse à partir de 6 mois », confie Marie Chauvel. Ce qui pourrait signifier une biodégradation total en l’espace de 40 ans. Encore un peu long diront certains. « Mais c’est quand même beaucoup plus rapide que les filets actuels », répond la responsable.