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mercredi 22 janvier 2020

LORIENT KEROMAN RESTE LA 1ÈRE CRIÉE FRANÇAISE EN 2019

Malgré une baisse générale des volumes due à l’absence de sardine et de lieu noir, Lorient Keroman demeure de très loin le premier port de pêche français en valeur. En 2019, le pôle halieutique a généré un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros, comme en 2018.




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Il lui aura suffit d’un mot pour faire le bilan de l’année écoulée : « stabilité ». C’est ainsi que Jean-Paul Solaro, président de la Sem Lorient Keroman, entreprise gestionnaire du port de pêche, qualifie les résultats annuels du pôle halieutique. Car, « malgré quelques soubresauts », Lorient demeure la première criée française en valeur, loin devant Boulogne-sur-Mer : 72 millions de chiffre d’affaires contre 46 millions. Une bonne nouvelle qui vient contrebalancer une légère baisse des tonnages. Avec 20.271 tonnes de produits vendus sous contrôle portuaire en 2019, Lorient Keroman enregistre une baisse de l’ordre de 10%. « Cela est lié à deux phénomènes, explique Jean-Paul Solaro. D’abord, il n’y a pas eu de sardines cet été, alors qu’elles représentaient plus de 2000 tonnes en 2018. Ensuite, la pêche hauturière a eu beaucoup de difficulté à trouver du lieu noir ». Avec 1 564 tonnes en 2019 contre 2 830 l’année d’avant, l’espèce subit une baisse record de 45%. « On n’a pas d’explication rationnelle pour expliquer cela. Le poisson s’est sans doute déplacé », commente Benoit Jaffré, directeur du port. En tête des ventes 2019, on retrouve la julienne (3 527 tonnes, +11%), le merlu (2 633 tonnes, +24%) et la baudroie (2 304 tonnes, +1%), la langoustine, espèce phare de Keroman, n’arrivant qu’en 8ème position avec 579 tonnes contre 608 tonnes en 2018. Mais le fin crustacé, plus rare cette année, s’est bien valorisé et représente à lui seul 7,4 millions d’euros de transactions.

Grande diversité des apports

« On a connu trois années exceptionnelles entre 2015 et 2017, mais si on regarde sur 10 ans, 2019 est dans la moyenne », constate Jean-Paul Solaro. Le président se félicite surtout de la capacité du port de Lorient, grâce notamment à son service commercial, « à compenser une partie des baisses par la régularité et la diversité des apports ». 5 593 tonnes de poisson ont ainsi été commercialisées à Keroman par des armements étrangers l’an passé, principalement écossais, irlandais et espagnols, soit une augmentation de plus de 15% sur un an. A l’inverse, la pêche côtière est passée de 6 877 tonnes à 4 800 tonnes en 2019. Mais si l’on met de côté l’absence de sardine, le secteur a progressé sur la période, aussi bien en volume qu’en valeur. Quant à la pêche hauturière, elle atteint 9 878 tonnes en 2019 contre 10 974 tonnes en 2018, du fait de la rareté du lieu noir. Du côté des acheteurs, le maitre mot est là encore la « stabilité ». On dénombre ainsi 241 professionnels inscrits à la criée de Lorient, dont une trentaine de fidèles qui assurent 80% des ventes et constituent « un socle solide », se félicite Jean-Paul Solaro. Même chose du côté des pêcheurs. 280 bateaux ont vendu à Keroman en 2019. Au final, malgré une baisse de volume qui touche l’ensemble des ports, « ce qui ne satisfait personne », et une situation générale « assez tendue », les responsables du port se montrent plutôt optimistes. « Il n’y a pas d’effondrement et la valorisation est bonne », conclut le président de la Sem. Qui s’interroge tout de même pour savoir jusqu’à quand les prix vont pouvoir rester à de tels niveaux.