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mercredi 03 mai 2017

SEAIR SE POSE A LORIENT KEROMAN

Créée il y a tout juste un an, et installée jusqu’ici du côté de Lorient La Base, la start up SEAir vient de déménager sur le port de Lorient Keroman. Sa spécialité ? Faire voler les bateaux.




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Tout le monde connaît la chanson : « Maman les p’tits bateaux… ». Sauf qu’il va bientôt falloir changer les paroles. Et remplacer « ont-ils des jambes ? » par « ont-ils des ailes ». Car oui, comme le prédisait en son temps Eric Tabarly, désormais, les bateaux volent ! C’était le cas depuis quelques années avec les multicoques. Ça l’est aussi aujourd’hui pour les monocoques. On doit cette prouesse à la société SEAir qui a réalisé le 25 janvier dernier une première mondiale en faisant planer un voilier de 6,50 mètres de façon stable et sur plusieurs centaines de mètres. « Cela a eu un énorme retentissement. On a eu des articles aux Etats-Unis, en  Amérique du Sud, en Espagne, en Allemagne, en Italie… », se félicite Richard Forest, co-fondateur de SEAir avec Bertrand Castelnerac. « Lui, c’est le pilote d’essai, le navigateur. Moi, je suis l’ingénieur, l’entrepreneur », poursuit-il. Créée par les deux compères il y a moins d’un an, la toute jeune start up était jusque là basée dans l’un des immeubles de Lorient La Base. Mais quand on passe de deux personnes à plus d’une dizaine, on se retrouve vite à l’étroit. « Il fallait pousser les murs », commente Richard Forest.

Comment faire voler un bateau ?

Le déménagement s’est effectué la semaine dernière. SEAir est désormais installée rue du chalutier Les 2 Anges, dans les anciens locaux de la société d’électricité Témi. L’équipe de 10 personnes qui s’amuse à faire voler les bateaux y dispose de 150m2 de bureaux équipés d’ordinateurs et d’imprimantes 3D, et de 600m2 d’ateliers permettant de fabriquer ou de réparer les pièces. « Nous ne sommes qu’au début de l’histoire. Il faut aller encore beaucoup plus loin dans l’innovation, explique Richard Forest. Aujourd’hui, il y a déjà plein d’entreprises qui fabriquent des foils. Nous, on veut faire plus que cela. Le foil, ce n’est qu’une pièce du dispositif. C’est comme pour un moteur, il n’y a pas que des pistons dedans. C’est beaucoup plus complexe ». On l’aura compris, faire décoller un voilier monocoque n’est pas si facile qu’il n’y parait. L’entrepreneur parle d’un domaine « extrêmement pointu », de « combinaisons de réglages », de « foils multiaxiaux », d’impacts « sur la structure et la cinétique du bateau ». « C’est super parce que c’est très compliqué », conclut-il dans un large sourire. On n’en saura pas davantage sur le secret qui permet de faire planer les bateaux. Une chose est sûre : la start up, qui vient de lever un million d’euros, a déposé à ce jour plusieurs brevets. Et ne compte pas en rester là. « On ne veut pas se limiter au monde de la course. Le potentiel est beaucoup plus large que cela », s'enthousiasme Richard Forest. Visiblement, SEAir se sent déjà pousser des ailes !