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mercredi 18 décembre 2019

MATELOT, UN MÉTIER CHOISI ET APPRÉCIÉ

Ils ont choisi leur métier par passion. Une fois diplômés, ils sont quasiment certains de trouver un emploi et d’être bien rémunérés. Rares sont ceux qui se plaignent de leurs conditions de travail. Beaucoup feront carrière sur plusieurs navires. Voici quelques-uns des enseignements que relève une enquête menée par le comité des pêches du Morbihan sur la vie des matelots.




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Que connaît-on des matelots ? Quelles motivations les poussent un jour à embarquer ? Que pensent-il de leur métier ? Quels sont, selon eux, les avantages et les inconvénients de la vie de marin pêcheur ? C’est pour répondre à ces questions que le comité départemental des pêches du Morbihan s’est lancé en 2018 dans une vaste enquête, menée à l’aide de questionnaires, auprès de 150 matelots du département, dont une large majorité de marins lorientais. « C’est une idée que nous avions depuis longtemps. Aucune étude n’avait jamais été réalisée sur le sujet, indique Jean-Piel, chargé de mission au comité des pêches. Objectif de la démarche : « Mieux connaître le quotidien des matelots pour pouvoir répondre à leurs attentes. Mais aussi, dans une démarche à plus long terme, mieux cerner les problèmes d’attractivité du métier pour adapter notre communication ». Premier enseignement de l’étude : on ne devient pas marin pêcheur par obligation mais par choix. « Notre enquête tord le cou à ce type de préjugé, commente Jean Piel. 91% des répondants affirment que devenir pêcheur a été pour eux un choix évident ». Une très large majorité de matelots déclarent également faire leur métier par passion. L’autre principale motivation étant celle du salaire.

500 nouveaux pêcheurs à recruter

A priori rien d’étonnant quand on sait que le revenu moyen d’un matelot en Bretagne est de 2700€ net par mois. Mais l’argent ne saurait tout expliquer. « Il y a un couple inséparable entre le salaire et la passion, constate le chargé de mission. L’un ne va pas sans l’autre. Si vous êtes passionné mais que vous gagnez le smic, ca ne marche pas. L’inverse non plus ». Autre avantage du métier, une fois formés, les jeunes diplômés sont quasiment certains de trouver du travail. Face à la pénurie de main d’œuvre, ils sont même activement recherchés. Une situation qui explique la grande mobilité des matelots constatée à travers l’enquête. Au fil de leur carrière, la plupart embarqueront sur plusieurs navires, à la différence de leurs ainés qui travaillaient pendant toute une vie sur un seul et même bateau. Parmi les évolutions constatées, il y a aussi celles qui concernent les conditions de vie et de travail à bord, qui semblent s’être très largement améliorées. « La grande majorité se disent satisfaits », souligne Jean Piel, qui note néanmoins que certaines améliorations concernant le confort et l’organisation du travail reviennent régulièrement. Au terme de l’étude, la vie de matelot semble donc beaucoup moins pénible que certains préjugés pourraient le laisser penser. Reste encore des progrès à faire. « Il faut continuer à travailler sur la modernisation des navires, peut-être limiter le temps de travail des équipages et insister sur la formation initiale qui permet aux plus jeunes d’apprendre le métier », conclue le chargé de mission. De quoi espérer recruter de nouvelles recrues. Dans les cinq prochaines années, 500 pêcheurs devraient être recrutés en Bretagne.