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mercredi 25 octobre 2017

DU POISSON MAROCAIN A KEROMAN

Initié en 2014, le rapprochement entre Lorient Keroman et le Maroc, 1er pays producteur africain, vient de passer une nouvelle étape. Depuis quelques semaines, des armateurs marocains proposent du poisson aux acheteurs lorientais. Une nouvelle collaboration qui pourrait s’étendre si la phase de test est concluante.




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Du mérou en vente à la criée de Lorient Keroman ? Inutile d’aller chercher une quelconque explication du côté du réchauffement climatique qui aurait fait remonter cette espèce dans le golfe de Gascogne. Celle-ci est en réalité beaucoup plus simple. Le poisson provient de nouveaux apports proposés à la vente depuis quelques semaines par des armateurs marocains. « Ils viennent sur Lorient en espérant obtenir de meilleurs prix, indique Maurice Benoish, président de la Sem Lorient Keroman, entreprise gestionnaire du port de pêche. Il ne s’agit surtout pas de créer une nouvelle concurrence, poursuit-il, mais plutôt de permettre aux entreprises locales d’augmenter leur puissance de feu en élargissant leur gamme et en leur donnant accès à davantage de produits ». Lancée il y a un peu plus d’un mois, l’expérimentation concerne pour l’instant 500 à 600 kilos de produits livrés chaque semaine par camion. « Nous sommes en phases de test. Il s’agit de voir si cela ne perturbe pas le marché local et si la demande est là. On y va modestement, même si on sait que beaucoup de ports français nous regardent », commente le responsable. Les échanges entre Lorient Keroman et d’autres ports étrangers ne sont en réalité pas nouveaux. Des armements anglais ou écossais viennent régulièrement proposer leurs produits aux acheteurs lorientais. « L’innovation, c’est que cette fois, ça vient du sud et pas du nord », observe Maurice Benoish.

« Être ouvert sur le monde »

Les armateurs marocains en question viennent du port de Safi, situé au nord d’Agadir, sur la côte atlantique. A cet endroit, les températures de l’eau sont identiques à celles du golfe de Gascogne. Résultat, on y trouve les mêmes espèces qu’à Lorient : merlu, saint-pierre, rouget, daurade, sole… A Keroman, on a compris depuis plusieurs années le potentiel que peut offrir cette filière halieutique marocaine. « La pêche est un métier mondialisé, constate Maurice Benoish. Dans cet environnement, le port de Lorient se doit lui aussi d’être ouvert sur le monde ». En 2014, un accord de coopération a été signé entre l’office national des pêches marocains (ONP) et la SEM Lorient Keroman. L’année suivante, une délégation composée essentiellement de professionnels lorientais avait fait le déplacement au salon Halieutis d’Agadir. Depuis, les échanges ont été nombreux entre le Maroc et le 1er port de pêche français. Dernier exemple en date, le port de Safi était l’invité d’honneur du 12ème salon Itechmer qui s’est tenu récemment au parc des expositions de Lorient. Une vingtaine d’armateurs marocains avait alors fait le déplacement pour visiter les infrastructures et les entreprises de Keroman. « Nous avons trouvé des partenaires fiables. Tout le monde est décidé à aller de l’avant. Au delà des approvisionnements, cette coopération concerne aussi la formation professionnelle, la valorisation des produits, la réparation navale, la fourniture de matériel… Ca vaut vraiment la peine d’essayer d’aller plus loin », conclut Maurice Benoish