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mercredi 08 novembre 2017

FIN DE CAMPAGNE POUR LE THON

Démarrée début juillet, la campagne de thon s’est achevée la semaine dernière à Lorient Keroman. Si les volumes sont légèrement en baisse, les prix moyens relativement hauts ont permis de sauver une saison mise à mal par le passage de l’ouragan Ophélia au large des côtes françaises et espagnoles.




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Dans le jargon journalistique on appelle cela un « marronnier ». Autrement dit, un sujet d’article que l’on ressort chaque année à la même période. Difficile pourtant de faire l’impasse sur la campagne de thon quand il s’agit de raconter, chaque semaine, l’actualité du premier port de pêche français (en valeur). Non pas que le germon soit une espèce emblématique de Lorient Keroman. Mais parce qu’il constitue un produit très recherché à cette période de l’année. Que dire alors de cette campagne 2017 qui s’achève ? « Ce n’est pas une très bonne saison mais on ne peut pas dire non plus qu’elle  soit mauvaise. Disons que c’est une bonne saison », commente, philosophe, Eric Guygniec, patron de l'Apak (Armement de la Pêche Artisanale de Keroman). Depuis juillet, quatre de ses chalutiers ont traqué sans répit le thon germon au large du golfe de Gascogne. Pêchant par paire, l’Annytia et le Carmalia d’un côté, le Dolmen et le Menhir de l’autre, ils sont restés dans une zone située au nord de l’Espagne. « Le poisson n’a pas trop bougé cette année », constate Eric Guygniec. Du moins jusqu’au mois d’octobre, où le passage au large de l’Ouragan Ophélia aura eu pour conséquence de faire fuir illico presto les bancs de thon. « Il y a eu un très gros coup de vent, raconte le patron de l’Apak. Le poisson a coulé vers le fond, puis il est parti, on ne sait pas où… ».

Forte demande espagnole

Depuis, les captures ont fortement chuté, amenant les quatre chalutiers à effectuer leur dernière débarque la semaine dernière le long des quais de Keroman. « Aujourd’hui, ils sont repartis sur la dorade et le merlu ». Dans les chiffres, le passage de l’ouragan Ophélia se traduit effectivement par une chute importante des volumes débarqués entre octobre 2016 et 2017. De 178 tonnes l’an passé, on passe à 70 tonnes cette année, alors qu’en septembre dernier on enregistrait 160 tonnes de thon contre 123 tonnes en 2016. Au total, la production annuelle de Lorient Keroman devrait approcher les 470 tonnes contre 542 tonnes l’an passé. Un peu moins bien en volume. Mais ce sont les prix qui sauvent cette campagne 2017. « Il y a eu une forte demande des Espagnols et les prix moyens ont été bons, entre 3,20€ et 3,40€ », se félicite Éric Guygniec. La baisse du tonnage de cette campane 2017 devrait donc avoir des effets limités sur le montant des transactions annuelles enregistrées à la criée de Lorient Keroman. Autre signe positif pour l’Apak, ses quotas de thon rouge (3,8 tonnes par bateau) ont été très rapidement atteints. « Ca été pêché en un rien de temps. Du thon rouge il y en a plein », constate Éric Guygniec. Avant de poursuivre : « La demande est là, le marché aussi. On sait aujourd’hui gérer la ressource. Il faudrait juste ouvrir un peu les quotas ».