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mercredi 18 mars 2020

RÉUNION DE CRISE AU PORT DE PÊCHE DE LORIENT

En pleine épidémie de Coronavirus, pas question d’arrêter l’activité du port de pêche de Lorient Keroman. L’Etat estime au contraire qu’il est prioritaire de maintenir la filière halieutique pour continuer à alimenter la population en produits frais. Seules les importations de poissons ont été stoppées.




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« Continuez à manger du poisson frais ». Tel est le message que les professionnels de la pêche veulent faire passer à la population. Confrontés à une très forte baisse des achats depuis la fermeture des cantines scolaires, des restaurants et la mise en place des premières mesures de confinements, les représentants de la filière se sont réunis en début de semaine à l’invitation de la Sem Lorient Keroman, entreprise gestionnaire du port. Étaient également présentes autour de la table de discussion la préfecture et les affaires maritimes, soucieuses de mieux entendre les craintes et les attentes de chacun : pêcheurs, mareyeurs, poissonniers… « La situation est totalement inédite », constate Benoit Jaffré, directeur du port. Selon les estimations de la Sem, le volume d’activité du pôle halieutique de Lorient Keroman devrait baisser de 40 à 50%. Mardi matin, sur un peu plus de 70 tonnes de produits de la mer, près de 11 tonnes sont parties au retrait, faute d’acquéreurs, pour être transformées en farine animale.  « C’est la conséquence directe de la fermeture des écoles et des restaurants, ajouté à une incertitude totale sur l’avenir de la crise » analyse Benoît Jaffré.

Compensations financières

Cependant, l’Etat considère  comme prioritaire le maintien de l’activité des ports de pêche pour continuer à alimenter le pays. Ce sera le cas pour Lorient Keroman qui a décidé uniquement de stopper l’importation de poisson via son service commercial afin de ne pas engorger le marché. La baisse d’activité générale, comme partout, devrait néanmoins entrainer des mesures de chômage partiel dans la plupart des entreprises portuaires. Du côté des pêcheurs, la quasi-totalité des bateaux lorientais sont actuellement en mer, même si l’inquiétude de voir les prix s’effondrer est palpable. « Si on veut continuer à pêcher il faut que les bateaux y trouvent un intérêt financier », commente Benoit Jaffré. Les professionnels demandent donc à l’Etat de prévoir des mesures de compensations exceptionnelles si les prix continuent à baisser. Ils souhaitent également que les grandes enseignes de distribution continuent à acheter du poisson et maintiennent leur rayon frais pour soutenir le marché. « Il est essentiel qu’on parvienne à maintenir un flux d’activité pendant toute la durée de la crise. D’autant que manger du poisson frais ne présente aucun risque, bien au contraire », indique le directeur du port. Si la filière d’approvisionnement en produits de la mer devait s’arrêter, sa relance risquerait d’être longue et extrêmement couteuse.