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mercredi 11 octobre 2017

ARRIVÉE A LORIENT DU NAONED, NOUVEAU BATEAU DE LA SCAPAK

Avec ses 23,40 mètres, le Naoned, impressionne dans le port de Keroman. Un nouveau bateau, une nouvelle technique de pêche, la senne danoise, les armateurs lorientais innovent.




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Arrivé dans les eaux du port de Keroman il y a quelques jours, le Naoned (Nantes en breton) est déjà reparti pour le large. Ce beau navire aux couleurs noires et blanches travaille en Atlantique pour y traquer la seiche et le calamar. Racheté à Boulogne en début d'année et transformé en Hollande dans les chantiers Padmos pendant huit mois, il est le fruit d'une association entre l'armement à la pêche artisanale de Keroman, l'Apak, et la Scapêche (Intermarché). Association qui a donné naissance à la Scapak. « C'est un accord logique, nous travaillons depuis longtemps avec le groupe Intermarché, nous sommes en confiance. Nous avions besoin d'eux pour les deux millions cinq d'investissements que représentent ce bateau, ils nous ont suivis à hauteur de 20 % » commente Eric Guygniec, gérant de l'Apak. La mise en marché de la pêche sera néanmoins assurée par l’Apak. Propriétaire déjà de quatre chalutiers, l'armement diversifie et renforce ainsi sa capacité de pêche. « Notre but n'est pas prioritairement de pêcher plus mais de pêcher mieux ! Et le Naoned fait partie de cette démarche », continue Eric Guygniec. Une démarche vertueuse qui se traduit au fil de trois points capitaux pour le gérant lorientais. « Le confort et la sécurité des gars, les économies de gazole et la qualité du poisson. Ça ne m'intéresse pas de refaire les mêmes bateaux qu'il y a trente ans. Il faut innover ».

On croit à la pêche, on croit à l’avenir

Côté confort, les chantiers ont donc revu le carré d'équipage, l'isolation phonique et installé des postes de travail à hauteur d'hommes qui permettent de travailler le poisson à l’abri et sans se faire mal au dos. « C'est simple, si les gars sont plus en forme, ils travaillent mieux et tout le monde y gagne » analyse Eric Guygniec. Le second et le troisième points se rejoignent dans le choix de la technique de pêche : la senne danoise. Un filet entoure le banc de poissons détecté par sonar et sondeur et le remonte vivant à bord. Cela permet d’obtenir une qualité supérieure du produit de plus en plus exigée par le consommateur. « De plus, cette technique de pêche qui ne demande plus de tirer un chalut sur le fond, donc moins de traction, nous fait économiser 20 % de carburant » précise-t-il. La senne danoise permet de capturer seiche, encornet, rouget , maquereau, merlu. Cependant, le bateau peut rapidement se transformer en chalutier classique ou pélagique pour, par exemple l'été, aller traquer le thon. « Ce bateau est une évolution logique de notre métier, une suite naturelle. On regarde ce qui se fait à l'étranger, on cherche à améliorer. Si l'on veut attirer les jeunes sur nos bateaux, c'est obligatoire. L'Apak, c'est 30 marins avec une moyenne d'âge de 30 ans. D'ailleurs, c'est l'âge de Yoann Madiot, le patron du Naoned » résume Eric Guygniec. Une évolution qui s'affiche déjà sur les murs du bureau du gérant où les futurs navires accrochent le regard. « Nous avons deux bateaux de 21,5 m en projet. Le premier livré en octobre 2018 pour remplacer le « Marie Lou » et le deuxième début 2019 à la place du « Dolmen ». Regardez les étraves, elles tranchent la vague et côté confort, nous avons fait des tests, on n'entend quasiment plus les moteurs. On croit à la pêche, on croit à l'avenir, donc on avance ! », conclut en souriant Eric Guygniec.