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mercredi 18 septembre 2019

« LES CONSÉQUENCE D’UN BREXIT SANS ACCORD SERAIENT DÉSASTREUSES »

Élu député européen en mai dernier (La République en marche), et coordinateur de la commission pêche au sein du groupe « Renew Europe », Pierre Karleskind était en visite de terrain la semaine dernière au port de Lorient Keroman. L’occasion de prendre le pouls d’une filière professionnelle de plus en plus inquiète par la possibilité d’une sortie du Royaume Unie de l’Union européenne sans accord.




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Quels étaient les objectifs de cette visite au port de Lorient Keroman?

« Il y avait trois objectifs principaux à cette visite. Premièrement et principalement, entendre ce que les professionnels ont à dire dire sur les différentes problématiques qui les concernent comme le Brexit, la mise en oeuvre de l’obligation de débarquement ou encore le FEAMP. Deuxièmement, je souhaitais venir en personne expliquer les évolutions des dossiers européens et répondre aux questions des professionnels. Enfin, rester connecté aux territoires est primordial pour moi. Si nous voulons mettre en place des politiques appropriées, nous devons nous confronter aux réalités sur le terrain. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai emmené toute mon équipe avec moi lors de cette visite ».

Les craintes des professionnels face au Brexit vous semblent-elles justifiées?

« Oui elles le sont ! Le Brexit amène de l’incertitude et ce n’est jamais bon pour un  secteur d’activité quelqu’il soit. Pour le secteur de la pêche, les conséquences socio-économiques seraient désastreuses en cas de Brexit sans accord car les navires européens n’auraient plus d’accès aux eaux britanniques et ne pourraient donc plus pêcher dans ces eaux. Leur activité serait fortement diminuée voire cesserait complètement pour certains d’entre eux. Cela aurait des répercussions sur l’ensemble de la filière. Toutefois, en cas d’accord, il y aura une période de transition pendant laquelle les navires européens pourront pêcher dans les eaux britanniques et réciproquement. Pendant ce temps, un accord de pêche pourra être négocié entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Il est donc primordial de trouver un accord avec le Royaume-Uni pour assurer un accès réciproque aux eaux et aux ressources ».

En cas de sortie sans accord, que va-t-il se passer pour les pêcheurs lorientais? Des aides sont-elles d’ores et déjà prévues?

« La première conséquence pour les pêcheurs lorientais sera donc l’interdiction de pêcher dans les eaux britanniques. Même si dans le cas d’un Brexit sans accord, les quotas britanniques seront répartis dans chaque Etat membre, les pêcheurs lorientais verront leur activité considérablement diminuer. Il est déjà prévu une aide financière du FEAMP en cas de cessation temporaire d’activité pour une durée de 6 mois. Pour après, il faudra trouver des solutions durables. Je l’espère dans le cadre d’un accord de pêche avec le Royaume –Uni ».

Qu’en est-il pour l’attribution des aides du Feamp pour la période 2021-2027?

« Le FEAMP 2021-2027 est en cours de discussion. La Commission a publié sa proposition et le Conseil et le Parlement européen ont déjà donné leur position. Nous allons donc entrer en négociation sur base de ces textes. Je suis moi-même partie prenante de ces négociations étant rapporteur pour mon groupe. J’insisterai sur la nécessité de simplifier l’accessibilité aux financements de ce fonds pour faciliter son utilisation par le secteur de la pêche et de l’aquaculture. De plus, nous avons besoin d’un budget ambitieux pour le FEAMP afin d’assurer la durabilité du secteur ».