Pêche. La colère de G. Rouillard contre la commissaire européenne
Le Télégramme - 12 octobre 2011
Gwendal Rouillard rencontrait hier à Paris la commissaire européenne Mme Damanaki avec la ferme intention d’avoir des réponses sur l’avenir de la politique commune des pêches et notamment sur la pêche de grands fonds. Le résultat ? « Un échec total », s’insurge dans un communiqué, le député qui était accompagné de plusieurs parlementaires dont la sénatrice Odette Herviaux.
« Stupéfaction et colère »
« Alors que l’ensemble des acteurs de la pêche, inquiets des propositions de la Commission européenne, attendaient des réponses précises, nous n’avons eu droit qu’à de la langue de bois et de la mauvaise foi » siffle le député. « Nous l’avons interrogée de manière constructive sur le contenu de la future Politique Commune des Pêches (PCP) et en particulier sur trois points : le rendement maximum durable (RMD), les quotas individuels transférables (QIT) dont nous refusons catégoriquement le principe et la politique du « Zéro rejet » qui n’est ni souhaitable écologiquement, ni applicable pour des raisons techniques et financières.
« En réponse, poursuit Gwendal Rouillard, Mme Damanaki s’est contenté de grands mots vides de sens, quand elle n’esquivait pas tout simplement un débat clairement posé par des parlementaires de toutes sensibilités. Sauf sur un point : elle assume clairement les QIT qui incarnent à nos yeux une logique libérale de privatisation de la ressource et de dérégulation de sa gestion. Nous sommes sortis de cet entretien avec stupéfaction et colère ».
« La pêche, pas une victime de plus »
« Devant une telle incompréhension, nous réaffirmons notre conception de la future politique commune des pêches et nous souhaitons que le Gouvernement français porte dans les semaines qui viennent à Bruxelles, les orientations suivantes :
- une politique de régulation qui préserve la ressource comme un bien public et qui garantisse une gestion collective par les organisations de producteurs.
- une politique qui prenne en compte la diversité des pêcheries et des pratiques de pêche durable, à l’image de la Scapêche (Lorient) en matière de pêche de grands fonds.
- Et une politique globale qui fédère et qui mette en mouvement la diversité des acteurs concernés : entreprises, scientifiques dont Ifremer, comité des pêches, associations environnementales responsables et collectivités territoriales ».
Le député termine : « la politique européenne de la pêche ne doit pas être une victime de plus des politiques d’austérité, mais bien une politique d’investissement au services des territoires et de leurs habitants.


