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Front uni pour sauver la pêche des grands fonds - Lorient

Ouest-France - 07 juillet 2011

La pêche des poissons de grands fonds (sabre noir, lingue bleue) représente jusqu'à 80 % de l'activité de certains mareyeurs importants de Keroman. Une interdiction mettrait toute la filière en péril.

De Lorient à Boulogne, à droite et à gauche, les rangs se resserrent pour contrer «les lobbies» environnementalistes et convaincre la commissaire européenne chargée de la pêche.

La tempête écolo s'abat à nouveau sur la pêche des poissons de grands fonds, pratiquée par les chalutiers de la Scapêche à l'ouest de l'Écosse. Les conséquences d'une fermeture seraient lourdes, socialement et économiquement, pour la place lorientaise.

C'est pourquoi Norbert Métairie repart au feu. Le maire de Lorient et président de l'agglo Cap l'Orient vient d'écrire à Maria Damanaki, la commissaire européenne chargée de la pêche, à qui l'on prête le souhait de boucler le dossier des grands fonds une fois pour toutes.

«Des contre-vérités»

«Les lobbies environnementalistes accusent les professionnels de pratiquer une pêche irresponsable et destructrice des écosystèmes marins, écrit Norbert Métairie. En répandant des contre-vérités, ces lobbies stigmatisent les efforts des professionnels pour mettre en oeuvre une pêche durable.»

Ces lobbies, selon le mot du maire, ce sont deux organisations en particulier : Bloom et Greenpeace. Elles accusent les chalutiers, qui pêchent par 400 à 1 000 mètres de profondeur, de saccager les fonds marins - le corail des eaux froides - et de capturer des espèces de poissons à la croissance lente. Le renouvellement des stocks serait en danger.

Bloom et Greenpeace sont très actives sur le sujet depuis plusieurs semaines. Car deux échéances politiques approchent : le 13 juillet, la commissaire européenne présentera le projet de réforme de la politique commune des pêches pour la période 2013 -2020. Projet qui promet d'être radical. Le chalutage dans les grands fonds pourrait être interdit. Mais la question devra être débattue avec le Parlement européen.

Autre échéance, en septembre : l'ONU. Bloom milite pour que l'Organisation des nations unies se prononce en faveur de l'arrêt des pêches profondes, y compris dans la zone économique, sous juridiction européenne. En 2009, la porte-parole de Bloom avait su capter l'attention du président de la République sur le sujet.

«Manipulation de l'opinion»

Norbert Métairie parle également de «contre-vérités» répandues par les organisations environnementalistes. Les coraux ? Les chalutiers de la Scapêche ne pêchent pas dans ces zones, protégées. De l'empereur, du flétan ? L'armement affirme ne pas en pêcher parce que ses bateaux ne fréquentent pas les parages.

Pour Norbert Métairie, c'en est donc trop. «Ces lobbies, insiste-t-il auprès de la commissaire européenne, défendent une application fondamentaliste du principe de précaution. Ils manipulent l'opinion publique.» Car, rappelle l'élu, les quelque 30 000 opérations de pêche analysées par les scientifiques de l'Ifremer «démontrent que la pêche des grands fonds est une pêche durable et viable d'un point de vue écologique et économique». Ce que les organisations environnementalistes réfutent. Le bras de fer s'engage.

La Scapêche devait être reçue à l'Élysée, hier. Le comité local des pêches de Lorient-Étel a prévu de s'exprimer sur les grands fonds demain vendredi. D'autres points du projet de réforme de la politique commune des pêches sont également contestés : diminution des quotas, zéro rejet, baisse des aides européennes à la pêche, quotas individuels transférables.
Charles JOSSE.

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